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L’atelier sous régional sur « Le radicalisme religieux et les menaces sécuritaires en Afrique de l’Ouest : perspectives nationales et régionales » s’est ouvert hier, jeudi 4 février, sur l’Ile de Gorée. De nombreuses personnalités et institutions d’Afrique de l’Ouest ont répondu présentes à l’appel du Gorée Institute afin d’ensembles identifier les facteurs expliquant le radicalisme religieux dans la sous-région et de proposer des solutions concrètes pour « aider à éradiquer la tension liée au radicalisme religieux dans l’espace ouest africain », Doudou Dia, Directeur Exécutif de l’Institut Gorée.

L’intérêt de cette rencontre a été souligné par Monsieur Ibrahima Cissé, Conseiller des Affaires Etrangères, Représentant le Ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Monsieur Mankeur Ndiaye « Se pencher sur le radicalisme religieux et les menaces sécuritaires en Afrique de l’ouest, nous donne une nouvelle occasion d’analyser, à travers une perspective sous régionale, les principaux enjeux et défis sécuritaires lies a la radicalisation religieuse et d’identifier les facteurs institutionnels et sociaux qui favorisent l’émergence des groupes extrémistes ou « terroristes ». Je voudrais ainsi saluer l’initiative de la tenue de cette rencontre qui s’inscrit en droite ligne du 2e forum sur la paix et la sécurité en Afrique, tenu, à Dakar, les 09 et 10 novembre 2015. »

La première journée de l’atelier a débuté par la présentation des cas du Burkina Faso, de la République de Guinée et du Mali, permettant de dégager l’état général de l’évolution du radicalisme religieux dans la sous-région et mettant en exergue la crise du leadership politique et religieux, les questions d’éducation et de migration ainsi que l’élitisation de l’extrémisme, autrement appelée l’islam des ingénieurs.

En réalité, renseigne le Dr. Bakary Sambe, « ce que notre sous-région est en train de vivre a commencé lorsque nos états étaient frappés par la sécheresse. Cela s’est accentué lors des politiques d’ajustement structurel, lorsque nos Etats ont pu abandonner des pans entiers de leurs prérogatives en termes d’éducation et de travail social, et que des mouvements sont revenus avec une idéologie pour recruter et influencer notre jeunesse ».

L’introduction de la thématique sur « les jeunes et les mouvements confessionnels radicaux en Afrique de l’Ouest » et l’échange d’informations sur les expériences nationales et sous régionales qui s’en est suivi a suscité de riches discussions autour du rôle des puissances étrangères dans la radicalisation, européennes comme moyen-orientales ; de l’émiettement des groupes confrériques et la multiplication de mouvements périphériques avec jeunes leaders charismatiques et de l’effet d’internet comme instrument favorisant le radicalisme religieux.

Un échange autour des bonnes pratiques recensées dans les pays de la sous-région, telle que la mise en place d’une Charte de bonne conduite à l’attention des hommes politiques, en 2010 en Côte d’Ivoire ; la création de synergies avec des leaders religieux par l’éducation aux droits humains au Sénégal ; la mobilisation des femmes pour la promotion de la paix, notamment par un travail du REPSFECO avec les familles afin de mieux encadrer les jeunes, etc., ont permis de dégager des solutions et des stratégies à mettre en place pour barrer la route au radicalisme religieux. Parmi lesquelles ont peu citer la formation des imams, l’intégration de la prévention à travers les systèmes éducatifs, le recours à l’économie sociale et solidaire afin de résorber les inégalités, etc.

Au terme de cette première journée, les participants, ont unanimement reconnu l’importance d’une telle rencontre permettant l’implication des organisations de la société civile dans la lutte contre le radicalisme religieux.